Fatou et l'emprunt obligataire de l'État
Enseignante, Lomé — 5 000 000 FCFA sur un DAT arrivant à échéance
La situation
Fatou, 45 ans, enseignante, voit arriver à échéance un DAT de 5 000 000 FCFA. Sa banque lui propose de le renouveler à un taux de 5 % sur un an.
Au même moment, un État de l'Union lance un emprunt obligataire par appel public à l'épargne : taux 6,5 %, durée 7 ans, dont 2 ans de différé, nominal 10 000 FCFA, remboursement par amortissement constant. Les intérêts sont annoncés comme exonérés d'impôt pour les résidents du pays émetteur.
Fatou n'aura pas besoin de cet argent avant au moins 5 ans, mais se demande si elle pourra le récupérer en cas d'urgence.
À vous de réfléchir
- Combien de titres peut-elle acheter et quel revenu annuel la première année ?
- Que signifient « 2 ans de différé » et « amortissement constant » ?
- Quels risques prend-elle ?
- Que lui conseilleriez-vous ?
Voir l'analyse proposée
1. 5 000 000 / 10 000 = 500 obligations. Revenu la 1ʳᵉ année : 5 000 000 × 6,5 % = 325 000 FCFA (contre 250 000 FCFA brut avec le DAT, avant impôt).
2. Différé de 2 ans : pendant les 2 premières années, seuls les intérêts sont versés. Ensuite, amortissement constant : le capital est remboursé par parts égales sur les 5 années restantes (1 000 000 FCFA par an), et les intérêts diminuent car ils portent sur le capital restant dû.
3. Risques :
- Liquidité : les obligations s'échangent peu à la BRVM ; une revente rapide peut se faire avec décote.
- Taux : si les taux montent, le prix de revente baisse (sans effet si elle conserve jusqu'à l'échéance).
- Crédit : risque de défaut de l'État, généralement jugé faible mais non nul.
4. Conseil : vérifier d'abord qu'elle dispose d'une épargne de précaution à part. Si oui, l'emprunt obligataire est cohérent avec son horizon et plus rémunérateur ; elle peut aussi partager (par exemple 3,5 M en obligations, 1,5 M en DAT ou compte épargne) pour garder de la souplesse. Lire la note d'information visée par l'AMF-UMOA et souscrire via une SGI agréée.